Vous anticipez une augmentation de salaire et vous souhaitez savoir si elle peut élargir votre capacité d’emprunt dès aujourd’hui. La réponse est nuancée : les banques raisonnent d’abord sur vos revenus actuels et prouvés, et une hausse future n’entre dans le calcul que si elle est solidement contractualisée. Comprendre cette distinction vous évitera de surestimer votre budget immobilier et de fragiliser votre dossier au moment décisif.
Réponse directe : Une future augmentation de salaire ne peut être intégrée à votre capacité d’emprunt que si elle est formalisée par un document contractuel — avenant signé, promesse d’embauche avec rémunération précisée. Une simple annonce orale ou une intention de votre employeur ne suffit pas aux yeux du prêteur.
Ce que vous devez retenir avant de lancer votre estimation
- Les banques calculent votre capacité sur vos revenus actuels et vérifiables, pas sur vos revenus espérés.
- Le taux d’endettement maximal recommandé est de 35 % de vos ressources nettes, assurance incluse.
- Une hausse de salaire contractualisée peut être discutée avec votre conseiller sur présentation de justificatifs.
- Un simulateur en ligne ne peut pas anticiper un revenu non encore perçu.
- L’apport personnel et la réduction des charges existantes restent vos leviers les plus efficaces.
Comment les banques calculent votre capacité d’emprunt ?
Pour estimer le montant que vous pouvez emprunter, les banques examinent vos ressources nettes actuelles : salaires perçus en CDI, revenus locatifs existants, pensions de retraite. Elles ne projettent pas de revenus hypothétiques. Le cadre de référence est la recommandation du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), en vigueur depuis janvier 2021, qui fixe le taux d’effort maximal de taux d’effort maximal de 35 % des ressources de l’emprunteur, assurance de prêt incluse.
35%
Taux d’endettement maximal recommandé par le HCSF depuis janvier 2021, calculé sur le revenu net avant impôt, assurance emprunteur comprise.
Concrètement, avec un revenu net de 2 500 € par mois, votre mensualité maximale ne devrait pas dépasser 875 €, assurance comprise. Pour affiner ce premier calcul en fonction de vos charges réelles, vous pouvez vérifier vos chiffres avec une calculette de crédit immobilier en saisissant vos revenus actuels et vos mensualités en cours.
Cette évaluation s’appuie sur l’article L.313-16 du code de la consommation, qui impose au prêteur de procéder à l’évaluation rigoureuse de la solvabilité de l’emprunteur, fondée sur le revenu net avant impôt. La banque vérifie également votre reste à vivre et la stabilité de vos ressources avant de fixer le montant finançable.
Une future augmentation de salaire peut-elle être prise en compte ?
Au moment de l’étude de votre dossier, la banque regarde ce que vous gagnez réellement, pas ce que vous pourriez gagner dans six mois. Un revenu futur non garanti représente un risque qu’elle n’est généralement pas disposée à absorber sur la durée d’un prêt immobilier.
Certaines situations font toutefois exception. Si vous disposez d’un avenant à votre contrat de travail actant une revalorisation salariale à une date précise, la banque peut accepter d’en tenir compte. De même, une promesse d’embauche en CDI mentionnant clairement la rémunération peut être examinée, surtout si la prise de poste est imminente. Une prime garantie contractuellement — par exemple un treizième mois inscrit dans votre convention collective — est plus facilement intégrée qu’un bonus discrétionnaire.
- Avenant signé et daté avec montant précis :
La banque peut intégrer la hausse dans le calcul. Présentez le document original à votre conseiller.
- Promesse d’embauche en CDI avec rémunération indiquée :
Prise en compte possible si la prise de poste est proche (généralement moins de trois mois).
- Prime garantie par convention collective ou contrat :
Souvent retenue comme revenu récurrent, à condition de fournir le justificatif écrit.
- Augmentation annoncée oralement sans document :
Non prise en compte. La banque exige une preuve vérifiable pour engager un prêt sur vingt ou vingt-cinq ans.
L’ANIL rappelle que, dans certains montages comme l’investissement locatif, la prise en compte des loyers futurs et du patrimoine existant est possible pour évaluer les capacités financières de l’emprunteur. Ce principe illustre la logique générale : un revenu anticipé peut peser dans la balance s’il repose sur un fondement contractuel solide, pas sur une simple intention.

Pourquoi les simulateurs en ligne s’appuient sur vos revenus actuels ?
Les simulateurs de prêt immobilier fonctionnent à partir des chiffres que vous saisissez. Ils ne disposent d’aucun moyen de vérifier si une augmentation est prévue, signée ou simplement espérée. Le calcul repose donc mécaniquement sur vos revenus actuels et déclarés, ce qui en fait un outil de première estimation, pas un avis de financement.
Risque de surestimation : Saisir manuellement un salaire futur plus élevé dans un simulateur produit une estimation flatteuse mais trompeuse. Vous risquez de cibler un bien au-dessus de vos moyens réels et de subir un refus de financement au moment de la demande formelle.
Le rôle du conseiller bancaire est justement d’affiner cette estimation en examinant vos justificatifs, la temporalité de votre hausse de revenus et la solidité globale de votre dossier. Un échange personnalisé permet d’intégrer des éléments qu’aucun algorithme ne peut évaluer seul, comme la pérennité de votre secteur d’activité ou l’imminence d’une prise de poste.
Comment renforcer votre dossier d’emprunt en attendant l’augmentation ?
Si votre salaire actuel limite votre capacité d’emprunt, plusieurs leviers concrets peuvent améliorer votre dossier sans dépendre d’un revenu futur incertain.
Le premier consiste à augmenter votre apport personnel. Chaque euro supplémentaire réduit le montant à financer et rassure la banque sur votre capacité d’épargne. Le deuxième levier est la durée du prêt : allonger la durée de 20 à 25 ans diminue la mensualité et peut faire repasser votre taux d’endettement sous la barre des 35 %. Enfin, solder un crédit à la consommation en cours ou résorber un découvert récurrent allège vos charges et libère de la capacité d’emprunt immédiatement.

Cas pratique
Un emprunteur gagne 2 200 € nets par mois et vise un achat immobilier dans les six mois. Son employeur lui a annoncé oralement une augmentation de 300 € en septembre, mais aucun avenant n’a encore été signé. En l’état, sa mensualité maximale reste autour de 770 € (35 % de 2 200 €). Plutôt que d’attendre septembre, il choisit de mobiliser 15 000 € d’épargne supplémentaire en apport et de solder un crédit auto de 120 € par mois. Sa capacité d’emprunt augmente mécaniquement, sans dépendre d’un revenu futur non garanti.
Ces ajustements ne remplacent pas une hausse de revenus, mais ils vous permettent d’avancer sur votre projet sans attendre que l’augmentation se concrétise. Une fois la revalorisation effective et visible sur vos bulletins de salaire, vous pourrez éventuellement renégocier les conditions de votre prêt.
Ce qu’il faut retenir avant de faire votre demande de prêt
Estimez votre capacité d’emprunt sur la base de vos revenus actuels et vérifiables, pas sur une projection optimiste. Si une augmentation est contractualisée, rassemblez les justificatifs — avenant, promesse d’embauche, convention collective — et présentez-les à votre conseiller dès le premier rendez-vous. Si elle reste incertaine, consolidez votre dossier avec un apport solide et des charges maîtrisées pour maximiser vos chances d’acceptation.
Peut-on emprunter avec une promesse d’embauche ou un avenant de salaire signé ?
Oui, c’est possible. Une promesse d’embauche en CDI mentionnant la rémunération ou un avenant signé actant une revalorisation à date fixe constituent des justificatifs que la banque peut examiner. L’acceptation dépend de la proximité de la prise de poste et de la solidité globale du dossier.
Les banques prennent-elles en compte une prime garantie dans le taux d’endettement ?
Une prime garantie contractuellement, comme un treizième mois prévu par votre convention collective, peut être intégrée au calcul de vos revenus. En revanche, un bonus discrétionnaire ou une prime exceptionnelle non récurrente sera généralement écarté par le prêteur.
Comment estimer son prêt immobilier quand on sait que son salaire va augmenter ?
Commencez par une estimation basée sur vos revenus actuels à l’aide d’un simulateur en ligne. Si votre augmentation est déjà formalisée, prenez rendez-vous avec un conseiller bancaire pour affiner le calcul en présentant vos justificatifs. Ne saisissez pas un revenu futur non garanti dans le simulateur, au risque de fausser votre budget.
Les informations présentées dans cet article sont de nature générale et ne constituent pas un conseil financier personnalisé. Chaque situation d’emprunt est évaluée individuellement par le prêteur en fonction de l’ensemble des éléments du dossier. Rapprochez-vous d’un conseiller bancaire pour obtenir une analyse adaptée à votre profil et à votre projet immobilier.
